MojiMojette, 33 ans 3/4

mai 01, 2017



C’est toujours quand je regarde de « vieilles » photos, que je me dis que j’ai perdu énormément de temps à complexer sur tout et tout le temps…


En partant du haut de ma tête, jusqu’à mes orteils : je n’aime pas mon nez, mes dents, la forme carrée de mon visage, mes oreilles décollées, descendons un peu plus bas : mes épaules et mes bras trop développés, mes seins en forme de poire, puis mes hanches larges, mes genoux cagneux, mes grands pieds, et plus généralement ma pilosité.


Aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours été, mal dans ma peau.


Longtemps, j’ai eu un corps de « bébé », puis j’ai été la plus grande de ma classe, un peu trop ronde, un peu trop en avance au niveau hormonal ; l’une des premières à être « formée », poilue, « réglée ». J’étais aussi une vraie Pierre Richard de maladresse, un peu comme si je n’avais pas appris à m’approprier mon propre corps, au point qu’il me semblait étranger. J’étais tellement gauche…

A l’époque déjà, je souffrais d’un véritable décalage entre ce que je ressentais et ce que je vivais. J’étais une enfant, dans un corps de jeune femme. Les questions des gens de mon âge ne m’intéressaient pas : les flirts, les ragots, le maquillage, les vêtements… Je n’étais clairement pas une fille « in ».

Aujourd’hui avec le recul, l’âge aussi, peut-être même une certaine maturité, je pense que c’est une question de sensibilité. J’avais l’impression d’être toujours trop ci ou trop ça, pas assez comme ci ou pas assez comme ça. Bref, jamais en phase avec les gens de mon âge et en fait, c’était bien le cas. Mais à l’époque, je n’avais pas compris que j’avais le droit d’être différente. Je ne vais pas vous donner d’exemples terriblement clichés, je pense qu’on est nombreuses, ici à savoir exactement, ce dont je parle…


Il a fallu attendre mes 33 ans pour qu’enfin, je m’accepte.


La route est encore longue avant de pouvoir dire que je m’aime, mais en tout cas, je sais, aujourd’hui, me reconnaître certaines qualités physiques et pour moi, c’est déjà beaucoup. Je n’ai rien modifié à mon style de vie, je ne fais pas plus de sport qu’avant ; bien que j’ai déjà essayé plusieurs fois, ce n’est vraiment pas mon truc. Même si je dois, quand même, bien, reconnaître plusieurs avantages à un certain défi quotidien crée notamment sur Facebook, en juin 2014 par Nathalie Breton : Et si ça marchait, qui a peut-être été, pour moi, le déclencheur de quelque chose : l’envie de me sentir bien. Mon corps a subi plusieurs grossesses, deux accouchements, je n’en prends toujours pas assez soin. Je n’ai pas non plus, fait de travail sur moi, pour en arriver là, pourtant j’aime l’image que je ME renvoie quand je me regarde, dans le miroir, le matin. Parce que finalement, je crois que j’ai enfin compris que c’était ça, le plus important : l’image que j’ai de moi-même.

J’avais pris l’habitude de me préparer un peu en mode « automatique » pour éviter de réfléchir, de penser à ce qui me plaisait et comment faire un atout de ce qui ne me plaisait pas, parce que clairement : rien ne me plaisait. Je me suis toujours maquillée parce que je ne suis pas assez à l’aise avec mes défauts, pour oser le style « nude » que j’aime tant, un peu comme si, j’enfilais mon « masque » avant de quitter la maison, pour ne pas qu’on puisse déceler mes complexes. Je jouais le rôle de la fille bien dans ses baskets, en espérant un jour me convaincre moi-même.


Mais alors, que s’est-il passé ? Qu’est ce qui a changé ?


Et si, c’était la maternité qui avait révélé la femme que je suis et que je n’avais pas vu, jusque-là ??

C’est bien possible…

Temoignage femme enceinte : mojimojette

Je ne me suis jamais sentie aussi belle et épanouie que lors de ma 1ère grossesse en 2012.

Une grossesse de rêve !! Pas de nausées, pas de fatigue particulière, pas de contractions… Ça s’est d’ailleurs fini en déclenchement, 7 jours après le terme, parce que ma fille et moi, nous étions tellement en osmose, que nous ne voulions plus nous séparer ^^ Je ne sais pas si c’est le fait des hormones, mais je me sentais belle, surpuissante, indestructible ; je portais la vie !! Et j’avoue, j’étais super fière. Je n’ai pas pris beaucoup de poids durant les 8 premiers mois et mon petit ventre s’arrondissait tout doucement. Au début, ça me frustrait un peu, qu’il ne soit pas plus visible et puis je me suis vite rendu compte qu’un petit trésor était plus facile à protéger ;) Même la veille de l’accouchement, mon ventre n’était pas bien gros, mais moi j’ai explosé en fin de grossesse. J’ai arrêté de me peser à +16kg mais honnêtement, je pense avoir dépasser les 20kg.

A mon retour à la maison, j’en avais déjà perdu 10 !! Mais mon bébé ne dormait pas, ni le jour, ni la nuit… Et mon corps avait terriblement besoin d’énergie, que je puisais dans la nourriture. Ça n’a rien arrangé ni à mon manque de sommeil, ni à mes fesses… Et j’ai atteint des sommets !! J’approchais des 30 ans et mon regard sur moi-même n’était pas meilleur. Plus jeune, je cherchais à me rassurer, en me disant que ça passerait, avec le temps… C’était le moment de faire le bilan. J’avais une fille à présent… Du coup, je me suis demandée, ce que je voulais pour elle et je me suis rendue compte que je voulais tout l’inverse, de ce que j’étais. Je sais combien d’épreuves, il faut affronter et combien d’obstacles, on doit franchir quand on n’est pas bien dans sa peau et je veux autre chose pour elle. Je veux qu’elle puisse être fière d’elle, de ses choix, de sa vie, de son corps, fière d’être elle-même. Je sais aussi à quel point l’image de la maman est importante, aux yeux de ses enfants. C’est même un exemple, à suivre ou à ne pas suivre, mais ça c’est un autre sujet...


Et je me suis dit, qu’il était temps de changer. Pas pour moi, mais pour elle.

Pour mon anniversaire, j’ai demandé à mes proches de m’offrir un « relooking ». Cela n’a pas été une transformation physique spectaculaire, quoi que… En tout cas, cette rencontre a été pour moi, une véritable révélation… Cette femme formidable, d’une gentillesse incroyable, à l’écoute de mes besoins et de mes envies a su prendre du temps pour moi, m’écouter et me comprendre. Les choses de la vie ont fait qu’en 2009, j’ai décidé de m’isoler pour ne plus souffrir. Cela faisait donc des années que je n’étais plus sortie de chez moi, que je n’avais pas discuté avec d’autres personnes hors de mon cercle familial. Ce « relooking » a été l’occasion de franchir un cap, que je n’aurais jamais eu la force de franchir autrement : oser prendre du temps pour moi. Jusque-là, j’étais persuadée que ce n’était qu’égoïsme et perte de temps. Et du temps je ne voulais plus en perdre avec les gens que j’aime. Mais là, il n’était plus question de moi, mais de ma fille. Et pour elle, je suis prête à tout !!

J’y suis donc allée en me disant : « on verra bien ». Cette étrangère m’a fait un bien fou !! Ce qu’elle m’a appris va au-delà de la morphologie, du choix des vêtements et des couleurs… Elle m’a fait renouer avec un besoin dont je m’étais éloignée et même coupée : celui de communiquer, le besoin d’appartenance à un groupe. Alors je me suis dit que si une inconnue était capable de m'écouter et de me comprendre, je me devais au moins d’essayer de le faire pour moi-même. Je m’étais perdue de vue depuis tellement longtemps, que je ne me posais pas de questions, ni sur mes envies, ni sur mes besoins…

relooking après

Ça a été le début de ma transformation.

Après ça, j’ai perdu du poids, beaucoup de poids... Je ne vous dirais pas ma méthode parce qu’après coup, je reconnais que ce n’était pas sain, ni équilibré et que ça pouvait même être dangereux pour la santé. J’ai appris à porter des vêtements qui me ressemblent et dans lesquels je me sens bien, plutôt que ceux qui me plaisent mais qui ne respectent pas forcément ma morphologie. J’ai coupé mes cheveux et je ne me mets plus dans tous mes états quand je dois sortir en « société ». Je n’ai plus peur, de ne pas être à la hauteur, des autres femmes, ni de leur regard. 


Finalement, je me demande si le déclic n’est pas venu d’une succession de rencontres…

Je ne sais pas si vous connaissez le livre « La prophétie des Andes » de James REDFIELD ? Il fait, justement état de l’importance de ces « hasards » de la vie, qui n’en serait pas vraiment… Il explique que les coïncidences n’existeraient pas et que certaines personnes qui passent dans nos vies, sans qu’on y prête parfois attention, sont souvent porteuses de message, qu’on est pas toujours prêt à entendre, mais qui feront écho au moment venu… J’avoue que je me détourne assez facilement de ce chemin, qui mène à prendre du temps pour moi… Mais heureusement, je trouve toujours quelqu’un pour me remettre sur la piste.

Comme cette autre femme qui m'a rappelé l'importance de penser à soi, alors qu’on échangeait sur nos inquiétudes de maman... Elle m’a poussé à écrire, comme d’autres l’avaient déjà fait avant elle, pour me libérer de mes peines. J’ai toujours aimé écrire, j’écris d’ailleurs assez régulièrement à mes filles et depuis quelques temps, j’ai envie de partager, toujours virtuellement, parce que je ne suis pas prête à faire le grand saut dans le monde extérieur. Je me suis dit que le faire au travers d’une page ou d’un blog serait, peut être l’occasion de faire quelque chose que j’aime, pour moi.

Mais qu’avais-je à dire qui serait susceptible d’intéresser les autres ? J’ai donc crée la page RhumSucre&MentheFraiche, sans trop savoir ce que j’allais en faire... Dans un premier temps, j’ai pensé que ça pouvait être le moyen d’échanger au sujet des allergies de Mini et de notre nouvelle manière de consommer. En fait, je communique beaucoup plus sur l’éducation, la sensibilité ou plutôt l’hypersensibilité de ma grande poupée, à travers laquelle, je me retrouve beaucoup, et je me rends compte que c’est une thématique qui rassemble plusieurs autres mamans. 



Et finalement, c’est vraiment de ça dont j’avais besoin : me retrouver au sein d’une communauté. 


Grâce à ces femmes qui me suivent chaque jour, je ne me sens plus seule et ça fait du bien !! Un jour, je me suis retrouvée démunie face à la question d'une maman. Je n'avais pas de solution à lui donner. J’ai beaucoup réfléchi pour lui apporter de l’aide, j’ai vu dans sa question un véritable appel à l’aide et je ne pouvais pas rester sourde. J’ai fini par me demander si « penser un peu à soi » n’était pas là encore, le début d’une piste… Et j’ai décidé de lancer le #defijapprendsaprendresoindemoi.

Beaucoup de femmes et encore plus les mamans ont tendance à s’oublier, faisant passer les autres, avant soi. C’est d’ailleurs un sujet récurrent dans les disputes de couples : « Tu ne prends pas soin de toi », « Tu es plus mère que femme »… Et comme il est plus facile pour moi de faire pour les autres, que pour moi-même, j’ai voulu entraîner d’autres femmes à enfin penser à elle, sans culpabiliser, pour retrouver ou découvrir le plaisir et l’envie de prendre soin d’elle-même. Se motiver chaque jour en partageant nos petits moments de plaisir : on se consacre 5 minutes minimum par jour pour soi et rien que pour soi, aussi longtemps qu’il le faudra, jusqu’à ce que ça devienne un automatisme, une routine, un besoin, parce que je suis convaincue qu’en prenant du temps pour soi, on peut réussir à s’accepter tel que nous sommes.

Je ne suis pas parfaite, loin de là, même, mais c’est terriblement bon de vous avouer, qu’enfin : je m’assume et y a même des jours où je me trouve plutôt pas mal ;)



Mojimojette

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2 commentaires

  1. Je suis extrêmement fière de faire partie de cette aventure <3!! Merci :D

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  2. pas toujours facile de s'accepter, moi j'ai mes moments, mais j'avoue que se voir belle dans les yeux de son homme aide beaucoup

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