Comment le bouddhisme m’aide à accepter mon corps.

juin 01, 2017

Comment le bouddhisme m’aide à accepter mon corps.


Quand j’ai débuté mon initiation au bouddhisme, il y a plus d’un an maintenant, c’était pour trouver les clés du bonheur. Oui, rien que ça ! Déjà plus ou moins convaincue que le bonheur véritable, ce sentiment d’alignement et de sérénité profonde face aux événements de la vie, se trouvait bien loin des distractions de notre société moderne, je cherchais une voix spirituelle pour m’accompagner dans ma quête. J’ai lu un premier livre du dalaï –lama et depuis je n’ai plus jamais quitté les routes de l’enseignement bouddhiste.


De tout ce cheminement a jailli des choses particulièrement positives. 

Et certains domaines de ma vie ont connu des mutations profondes auxquels je ne m’attendais pas. L’un des exemples les plus flagrants, c’est le regard que je pose sur mon corps. Les bouddhistes ont coutume de dire que les occidentaux sont malheureux parce qu’ils recherchent le bonheur au mauvais endroit. Dans l’accumulation incessante d’argent et de bien matériels, dans le travail, dans nos relations avec les autres, dans des divertissements futiles ou bien encore … dans le culte du corps.

Bien que nous sachions pertinemment que nos tentatives pour garder notre corps éternellement jeune, mince, beau et en bonne santé sont vaines, nous continuons de nous maltraiter quotidiennement. Après tout, si je mange correctement, que je prends des vitamines, que je fais du sport trois fois par semaine et que j’ai une hygiène de vie parfaite … personne n’aura rien à me reprocher et je ne deviendrais jamais vieux, malade ou mort.


Pour ma part, j’ai toujours eu des problèmes de poids. 

Depuis l’enfance. Je suis passé du surpoids à l’obésité puis de nouveau au surpoids et je suis actuellement dans la partie haute de la courbe « surpoids » de mon tableau de bord. Plus très loin de l’obésité. Et j’en ai fait des choses pour faire fléchir cette foutue courbe. Des régimes. Des compléments alimentaires. Des privations répétées qui m’ont conduite tout droit dans le royaume des TCA. Des crèmes. Tout ce qui passait à ma portée. Des heures et des fortunes à essayer de faire descendre ce chiffre, à faire baisser cette courbe.


Bien sûr, il est important de se maintenir en forme et en bonne santé. 

Et bien sûr qu’il n’y a aucun mal à se soucier de son apparence. Le piège se referme sur vous quand vous commencez à penser que votre bonheur dépend de votre apparence physique. J’en étais arrivé à ce stade-là. Les gens ne pourraient m’aimer que si j’étais mince et musclée. Et je ne serais heureuse qu’avec dix kilos de moins. Laissez-moi vous dire que je courrais droit vers la catastrophe !

C’est sur ce point-là que le bouddhisme a fait des miracles pour moi. J’ai enfin pu me rendre compte que mes aspirations étaient totalement irréalistes. Bien qu’il soit bénéfique de vivre une vie saine, cultiver son corps à outrance est un investissement purement à perte. Et vous voulez que je vous dise comment je le sais ? Tous les médecins finissent par perdre la totalité de leur patientèle !

Oui, je suis légèrement cynique. Mais j’ai appris à mes dépends que trop investir dans son corps est un pari perdant. Notre santé est extrêmement fragile, elle peut se dégrader à tout moment, peu importe que vous fumiez comme un pompier ou que vous faisiez deux cents abdos d’affilés. Pour preuve : ma grand-mère. Un mode de vie extrêmement sain. Beaucoup de sport et de grand air. Pas de cigarette ni d’alcool. Une alimentation variée, équilibrée. Et la voilà qui a été emportée par un cancer. Je sais bien que la société nous fait croire qu’on a besoin d’être mince pour être heureuse. Mais ce n’est pas vrai. En continuant de penser de cette façon, hormis une cruelle déception et un mal-être permanent, il ne sortira jamais rien de bon à penser que votre bonheur dépend du fait que vous restiez mince et musclée. Toutes ces choses que vous imposez à votre corps : ces privations, ces régimes déséquilibrés, ce sport à outrance, ces pilules magiques, c’est de la maltraitance. C’est d’une violence sans nom et finalement, ce ne sont que des tentatives désespérées.


Vous valez mieux que ça.

Oui, la société vous fait croire qu’on ne peut vous identifier qu’à travers le prisme de votre apparence physique. Mais bon sang, vous êtes bien plus qu’une enveloppe corporelle ! Vous êtes une personne avec des belles qualités, et des petits défauts, avec des rêves, des ambitions, des projets, avec des sentiments … Non, vous ne vous résumez pas à un corps mesurable et quantifiable ! Vous êtes toute la gentillesse, la générosité, l’humour, l’amour et la joie qu’il contient ! Et si notre société, pour laquelle seules les choses pouvant être comparées ont droit de cité, veut vous faire croire que vous serez plus heureuse, plus épanouie, plus sereine avec tel ou tel artifice, souvenez-vous : vous êtes plus que tout cela.

Au début, j’étais perdue. Il est difficile de changer des années de croyances et de façon de voir les choses. Je retombais sans cesse dans mes anciens travers (et cela m’arrive encore de temps en temps, comme en ce moment, avec l’arrivée de l’été …). Et puis je me suis souvenue de mes enseignements.

Pour les bouddhistes, le corps est un vaisseau. Et, comme tout moyen de transport, il doit être maintenu en bon état de marche. Et cela s’arrête là. Vous êtes ronde, d’accord, mais si cela n’a pas d’impact sur votre santé pourquoi continuer à vous infliger tout cela ? Je parle du surpoids parce que c’est ma problématique personnelle. Mon axe de travail et de développement. Mais c’est valable pour toutes nos manies et complexes. Demandez-vous un instant si votre complexe, quel qu’il soit, à un impact sur votre « bon état de fonctionnement ». Si oui, alors bien sûr, il faut y remédier, en douceur, avec bienveillance et patience. Si c’est non, alors vous devez vous poser la question : voulez-vous continuer à souffrir de cette petite particularité ? Voulez-vous qu’elle continue à définir votre identité ?


Personnellement, j’ai décidé de lâcher ce charbon ardent qui me brûlait les mains depuis des années. 

J’ai fait le choix de renoncer à cette croyance. J’ai décidé de ne plus céder aux sirènes de la société qui nous entraînent vers une uniformisation aberrante des corps et de la pensée. Je ne souhaite plus maltraiter mon corps, d’aucune façon que ce soit. Je ne souhaite plus non plus me faire du mal, moralement et socialement, en continuant à m’interdire des choses au nom d’une norme que je ne cautionne pas. J’ai décidé d’assumer ce que je suis. De composer avec ce corps qui, parfois, me rend folle. J’ai fait le choix de m’apprivoiser et de me chouchouter. Et j’ai décidé de me battre pour que toutes les femmes soient libres d’en faire autant.


écrit par Di

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20 commentaires

  1. Merci pour ton article qui prouve qu'il est possible de s'accepter telles que nous sommes. J'ai toujours eu du mal à accepter mon corps, surtout en ce moment avec les quelques kilos que j'ai pris depuis un an. J'ai envie de réussir à changer de regard sur moi-même, et d'ailleurs certains jours j'y arrive. Et parfois pas. Mais j'y travaille !
    Et comme toi je pense que nous avons beaucoup à apprendre avec l'enseignement bouddhiste. Humilité, simplicité, compassion ... Et la clé vers l'apaisement et le bonheur.

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  2. Très bel article, inspirant et véridique ! Je suis totalement d'accord avec toi et je te souhaite bon courage pour la suite. Je sais à quel point ce n'est pas facile d'aller à contre-courant de la société et des images qu'elle véhicule pour enfin être soi-même.

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    1. En effet, ce n'est pas évident. Mais je trouve qu'il y a de plus en plus de petits signes positifs qui montrent que les choses commencent à évoluer. Et ce blogzine en est aussi une belle preuve, n'est-ce pas ? :D

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  3. Bel article! Tu as raison, on vit dans une société où l'apparence a une importance centrale, et qui touche quasiment tous les domaines de la vie. Tu as l'air d'avoir fait un bon bout de chemin, bravo! Je suis d'accord avec toi que la façon dont on se traite s'apparente à de la maltraitance. Alors que je suis persuadée que c'est la bienveillance envers soi-même et l'acceptation qui sont les clés. Pour moi, c'est très important de manger équilibré et éthique et de faire du sport, pas tant pour le résultat physique que pour se maintenir en bonne santé et se donner toutes les chances de vieillir le mieux possible. Mais être en bonne santé passe aussi par l'équilibre psychique. S'aimer soi-même, c'est primordial.

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  4. Qu'est-ce que la TCA ?
    Je bosse dans le milieu de l'image et je sais ô combien les apparences y sont importantes et peuvent faire morfler des gens...
    Je crois avoir réussi à m'en détacher, du moins ce que je fais pour mon physique je ne le fais pas pour les autres mais pour moi, pour me sentir bien.
    Ta phrase sur les complexes ("Demandez-vous un instant si votre complexe, quel qu’il soit, à un impact sur votre « bon état de fonctionnement ») m'a cependant fait réfléchir ! J'ai un complexe depuis un sacré paquet d'années qui ne m'empêche pas de vivre mais que je cache, je me suis sentie un peu couillonne du coup ! (ce qui est une bonne chose, merci !)

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    1. Les TCA sont des troubles du comportement alimentaire. Dans mon cas il s'agit de l'hyperphagie. Je suis ravie que mon article t'ai donné à méditer. ^^

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  5. Et puis le bouddhisme permet également d'apprécier plus notre assiette, d'être dans l'instant présent, de manger en pleine conscience sans se poser 1000 questions en mangeant ce qui accentue l'anxiété qui entoure tout ça et n'améliore pas non plus notre santé !

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    1. Tu as raison Aurore mais je reconnais que pour ce qui est de la pleine conscience ... je suis beaucoup trop speed pour ça. J'aimerais pourtant, mais c'est comme la méditation, je n'y parviens pas. Un jour, peut-être, quand je serais plus apaisée...

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  6. Merci pour ce beau témoignage! Apprendre à s'aimer telle que l'on est est certainement l'une des choses les plus compliquées qui soit! Un coup tout va bien et on se trouve superbe, un coup on n'a pas le moral et on se sent laide... Pas facile! L'important, comme tu le soulignes, est de s'accepter, de prendre soin de son corps et d'être en paix avec soi-même :)

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  7. Merci pour ton article qui fait du bien à lire, c'est vrai qu'il faut relativiser et arrêter nos fixettes sur notre apparence...(même si c'est un long travail et que c'est beaucoup plus facile à dire qu'a faire en réalité :) )

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  8. Magnifique témoignage, merci beaucoup d'avoir partagé ça. Moi-même, je m'inspire beaucoup du bouddhisme dans ma quête de développement personnel mais j'essaie de chercher aussi dans autant de traditions que possibles, qui toutes, anciennes, ont un discours extrêmement pertinent sur la notion de bonheur.

    Je suis contente d'avoir découvert ton blog. Je t'embrasse.

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  9. Coucou,
    Quel bel article ! C'est vrai que la société veut nous faire que seul le physique compte alors qu'en fait, pas du tout. Mais les magazines véhiculent de tels corps "parfaits", soit disant, comme si les autres ne méritaient pas d'exister. C'est pas normal du tout.
    Relativiser est une bonne chose, bien que ce ne soit pas toujours simple^^
    Des bisous :)

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    1. Entre nous, je trouve que les filles des magasines ne sont pas bien jolies ... Pour moi, leur corps amaigri, aux os parfois saillants et ces visages aux joues creuses... c'est franchement pas sexy. Surtout qu'elles font souvent la tronche jusque parterre. Lol. Du coup, je me préfère largement imparfaite ...

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  10. Merci pour cet article ! J'aimerais aussi arriver à accepter mon corps tel qu'il est, en essayant de me détacher de tout ce qu'on nous dit, de tout ce que l'on peut voir partout, affiches, films, pubs... En tout cas je suis très heureuse que tu ais réussi à t'accepter et à aimer ton corps. C'est très encourageant de lire des articles comme ça ! :)
    Bisous !

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  11. Je me suis trimballé un complexe puissance 10 non sur un détail mais sur l'ensemble de mon être physique. En gros, de la dysmorphophobie (mais globale). Sans réussir encore à me regarder vraiment dans un miroir, je sens que, de plus en plus, la tension se relâche. Et sur les détails du corps, idem. Est-ce le yoga, la méditation, le Reiki, mes projets divers, les amours vécus (même passés) ou le passage des 40 ans ? Je ne sais pas. Je ressens ce lâcher-prise. Et hier je me disais : mais comment ai-je fait pour me déconsidérer à ce point et ne jamais me laisser en paix à ce point-là ? Ce qu'on peut être dures avec nous-mêmes... (yael)

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  12. Un bel article, depuis mon adolescence je souhaite "me lancer" dans le bouddhisme mais à 32 ans ce n'est toujours pas fait. Un entourage qui ne comprend pas mes idées, toute façon même en me comportant comme il le souhaite je suis l'excentrique ;) ... merci pour ton article car je pense que je vais suivre mes aspirations.

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    1. Oh tiens ! Cela me rappelle une discussion que j'ai eu récemment avec ma psy. Cette impression de vivre dans une sphère totalement déconnecté des autres gens ( moi aussi je suis la hors-norme de la famille, dans tous les sens du terme) . Mon conseil ? Te fatigues pas à essayer de te comporter comme les autres t'y incitent ... De toute façon, même si tu faisais pleuvoir des diamants, y en aurait toujours pour dire que ça abîme leur parapluie ... Il vaut mieux mettre tes talents et tes qualités au service de ceux qui le remarquent spontanément ...

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  13. Bonjour,
    Je me retrouve tellement dans ton article ! et j'aime particulièrement penser à mon corps comme un vaisseau, un véhicule qui me permet d'interagir dans cette vie. J'avais lu certains des livres de Mathieu Ricard, mais pas ceux du Dalaï-Lama... Je vais m'y mettre ! Je te souhaite un beau chemin...

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  14. Très bel article. Peu importe la philosophie qui nous y amène, la clé est de s'accepter tel que l'on est. Merci d'y aider toutes les femmes par de petites actions comme les vôtres.
    des bises

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  15. Très joli article ! :-) Le bouddhisme m'intrigue beaucoup et j'ai pour projet de m'y intéresser dans un futur proche. J'ai d'autres priorités actuellement, qui cheminent dans une direction assez similaire cela dit. Mais je pense sincèrement que le bouddhisme me correspondra vraiment :-)

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